Cy Twombly

1 déc. 2016 — 28 févr. 2017 à la Gagosian Galerie à Paris, France

Cy Twombly, Exhibition view. Courtesy of Gagosian
Cy Twombly, Exhibition view. Courtesy of Gagosian
8 DÉC. 2016

Ô dieu perdu ! Trace infinie ! Et c’est pour cela seul, pour la haine à la fin acharnée à te disperser, qu’aujourd’hui la nature a notre écoute et notre bouche.

(Rilke, Sonnets à Orphée, édition bilingue, trad. Maurice Regnaut, 1994)

Gagosian est heureuse de présenter une exposition de peintures et d’œuvres sur papier de Cy Twombly. L’exposition coïncidera avec la rétrospective « Cy Twombly », qui débute le 30 novembre au Centre Pompidou, à Paris.

Les œuvres sélectionnées, datant de 1968 à 1979, ont pour sujet principal la personne d’Orphée. Orphée, l’archétype mythique représentant l’artiste et le processus de création lui-même était aussi le sujet de Sonnets à Orphée, un cycle de cinquante-cinq sonnets écrits par Rainer Maria Rilke en 1922, qui furent une grande source d’inspiration pour Twombly. Les œuvres présentées n’ont jamais été exposées ensemble auparavant.

Les talents lyriques d’Orphée étaient tels qu’ils lui permirent de convaincre Hadès, dieu de l’enfer, de faire revenir à la vie sa femme décédée et muse, Eurydice. La condition d’Hadès était qu’Orphée ne se retourne pas pour regarder Eurydice pendant qu’il la ramenait dans le monde vivant. Mais Orphée ne put résister et elle fut renvoyée pour toujours. Il fut ensuite ravagé par les Ménades dionysiennes.

Le mythe d’Orphée a aussi inspiré Le Voile d’Orphée, œuvre du compositeur français Pierre Henry, une composition de musique concrète écrite en 1953. Dans cet enregistrement, Henry déchire du tissu pour marquer le moment où Orphée perd Eurydice pour la seconde fois. Le bruit du tissu déchiré, symbolisant l’écart entre la vie et la mort, est transformé par Twombly dans une peinture à dimension spectaculaire portant le même titre.

Rilke écrivait des artistes qu’ils sont des liens entre le passé, le présent et le futur. Avec quelques gestes pressés, Twombly pouvait évoquer des siècles de souvenirs d’histoire et de pratique artistique. Dans Le Voile d’Orphée (1968), il trace des lignes à la craie de cire sur des panneaux de toile peinte, créant ce qu’il appelait « un délai sans temps ». Dans la peinture Orpheus (1979), il inscrit le nom d’Orphée en alphabet cyrillique en référence à son démembrement final. Dans son interprétation du mythe occidental, Twombly trace « un mouvement en deux temps: infinité et oubli; destruction et transcendance; montée et descente ». (Mary Jacobus, Reading Cy Twombly: Poetry in Paint).

Cy Twombly est né en 1928 à Lexington, Virginie. Il a étudié à la School of the Museum of Fine Arts, Boston (1947–49); Art Students League, New York (1950–51); au Black Mountain College en Caroline du Nord (1951–52). Au milieu des années cinquante, après ses voyages en Europe et en Afrique, il devient une figure majeure parmi les artistes travaillant à New York, comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns. De grandes rétrospectives ont eu lieu au Whitney Museum (1979); Kunsthaus Zürich (1987, présentée ensuite à Madrid, Londres, Düsseldorf, et Paris); et au Museum of Modern Art, New York (1994), (exposition itinérante à Houston, Los Angeles, et Berlin). En 1995, la Menil Collection de Houston inaugure la Cy Twombly Gallery, une salle présentant ses œuvres depuis 1954. La rétrospective européenne « Cy Twombly : Cycles and Seasons » ouvre à la Tate Modern, Londres en 2008 et est ensuite présentée à Bilbao et Rome. « Cy Twombly : The Natural World, Selected Works 2000–2007 », Art Institute of Chicago (2009) et « Sensations of the Moment », MUMOK, Vienna (2009) ont été d’importantes expositions. Début 2010, Ceiling, une œuvre permanente in situ, a été dévoilée dans la Salle des Bronzes du Musée du Louvre. À cette occasion, Cy Twombly a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur par le gouvernement français. Twombly est mort en Italie en 2011.

Parmi ses expositions personnelles récentes on peut citer « Cy Twombly: Sculpture », Museum of Modern Art, New York (2011); « Cy Twombly Photographs 1951–2010 », Museum Brandhorst, Munich (2011); « Cy Twombly: Sculptures », Philadelphia Museum of Art (2013); « Cy Twombly: Paradise », Museo Jumex, Mexico City (2014); « Cy Twombly: Treatise on the Veil », The Morgan Library & Museum, New York (2014); « Cy Twombly: Paradise », Ca’ Pesaro, Venice (2015); et « Cy Twombly », Gagosian Gallery, New York et Londres (2015). La rétrospective « Cy Twombly » au Centre Pompidou, Paris, aura lieu du 30 Novembre 2016 au 24 Avril 2017.